
Kodama Systems annonce une levée de 7 millions de dollars pour accélérer le déploiement de sa technologie de conduite autonome supervisée dans les forêts américaines. Ses équipements sont déjà utilisés commercialement et ont transporté plus de 100 000 tonnes de bois en six mois.
Basée à Sonora, en Californie, Kodama Systems développe une technologie d’intelligence artificielle physique destinée aux machines forestières. Son système combine conduite autonome supervisée et pilotage à distance pour automatiser les déplacements répétitifs des engins tout en permettant à des opérateurs expérimentés d’intervenir dans les situations complexes. L’entreprise travaille avec plusieurs exploitants forestiers du sud-est des États-Unis.
Plus de 100 000 tonnes de bois transportées en six mois
La technologie de Kodama est déjà déployée dans des opérations commerciales d’exploitation forestière dans plusieurs États du sud-est américain. Selon l’entreprise, les machines équipées de son système ont transporté plus de 100 000 tonnes de bois au cours des six derniers mois.
Kodama travaille notamment depuis plus d’un an avec un client situé en Géorgie. Ces déploiements permettent d’adapter progressivement les fonctions de conduite aux différents terrains et aux méthodes de travail des équipes forestières.
Les équipements concernés sont principalement des débardeurs, des machines utilisées après l’abattage des arbres. Munis d’une grande pince appelée grapple, ils saisissent les troncs et les traînent jusqu’à une zone où ils peuvent être chargés sur des camions.
Une conduite autonome supervisée avec intervention à distance
Le système de Kodama repose sur une approche hybride. La machine prend en charge les tâches répétitives, tandis qu’un opérateur peut reprendre le contrôle à distance lorsqu’une situation exige une intervention humaine.
Cette architecture vise notamment les déplacements sur des terrains forestiers irréguliers, où les engins doivent franchir des souches, des rochers et des ornières. Elle permet également aux conducteurs de travailler sans rester constamment dans la cabine des machines.
Selon Ben Finfield, responsable du développement commercial chez Kodama, cette organisation répond aux difficultés de recrutement rencontrées par les exploitants. Les conducteurs travaillent souvent de longues journées sur des chantiers éloignés et sont exposés à des contraintes physiques importantes.
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L’entreprise met aussi en avant l’intérêt de la télécommande pour limiter l’exposition des opérateurs aux accidents impliquant des renversements d’engins ou des chutes d’arbres. Il s’agit d’un objectif de sécurité présenté par Kodama, et non d’une réduction des accidents mesurée dans les déploiements annoncés.
Un téraoctet de données d’apprentissage généré chaque jour
Kodama a choisi de développer progressivement l’automatisation à partir du pilotage à distance. D’après Merit Jenkins, cofondatrice et directrice générale de l’entreprise, cette stratégie a été engagée il y a deux ans et demi.
La téléopération fournit des données issues des situations rencontrées sur les chantiers. Selon Jenkins, environ 1 téraoctet de données d’apprentissage est généré chaque jour par l’exploitation à distance des équipements.
Ces informations alimentent le développement des capacités de conduite autonome dans différents environnements forestiers. Kodama entend poursuivre cette progression à mesure que sa technologie est installée sur de nouvelles machines.
Une intégration avec deux grands fabricants d’équipements
Plutôt que de développer ses propres engins forestiers, Kodama construit une plateforme destinée aux machines existantes. Cette approche permet aux exploitants d’introduire des fonctions de télécommande et d’automatisation sans remplacer nécessairement leur parc d’équipements.
Merit Jenkins indique que l’entreprise a déjà intégré sa technologie avec deux des trois principaux fabricants mondiaux d’équipements du secteur.
Ces collaborations permettent notamment d’exploiter les capteurs déjà présents sur les machines, les fonctions de diagnostic des défauts et les connaissances techniques des constructeurs.
Kodama souhaite désormais étendre son système à d’autres catégories d’engins forestiers, notamment les abatteuses et les chargeuses. Cette extension fait partie de ses projets de développement, tandis que les débardeurs constituent déjà un cas d’utilisation commerciale.
Une levée de 7 millions de dollars pour accélérer les déploiements
Kodama Systems annonce avoir obtenu 7 millions de dollars de nouveaux financements, portant le total des capitaux levés par l’entreprise à 14 millions de dollars.
Ce tour de financement a été codirigé par Convoy Ventures et Breakwater Ventures, avec la participation de Blue Forest Asset Management, NYA Ventures, Breakthrough Energy Ventures, Congruent Ventures, Dangerous Ventures et M1C.
Les fonds doivent soutenir trois priorités : l’accélération des déploiements commerciaux, le renforcement des partenariats avec les fabricants de machines et le développement de nouvelles capacités de conduite autonome supervisée pour les terrains hors route complexes.
Des applications envisagées pour la gestion forestière et les incendies
Au-delà du transport de bois, Kodama envisage d’utiliser sa technologie pour d’autres opérations de gestion des terres. Merit Jenkins cite notamment l’éclaircie forestière, une activité qui peut contribuer à réduire la quantité de végétation combustible, ainsi que des applications liées à la lutte contre les incendies.
L’entreprise dispose également de données opérationnelles sur la localisation de ses équipements en temps réel, leur productivité, leur consommation de carburant et les chocs ou vibrations qu’ils subissent.
Selon Jenkins, ces informations pourraient servir à améliorer la coordination entre les machines et l’organisation des chantiers forestiers, au-delà de l’automatisation des déplacements individuels.