Robots humanoïdes : pourquoi trois startups américaines misent sur le chinois Unitree G1 faute d’alternative

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Les robots Lumi de Lightberry, Voxel de Tuesday Labs et Hugo de Dynamic Creatures présentent trois approches différentes du robot humanoïde, avec des liens plus ou moins confirmés au Unitree G1
Les robots Lumi de Lightberry, Voxel de Tuesday Labs et Hugo de Dynamic Creatures présentent trois approches différentes du robot humanoïde, avec des liens plus ou moins confirmés au Unitree G1. Photo : Unitree

Le Unitree G1 sert de base à plusieurs projets américains de robots humanoïdes. Lightberry l’utilise pour Lumi, Tuesday Labs pour Voxel, tandis que Dynamic Creatures pourrait avoir choisi une version modifiée pour Hugo. Ces trois projets misent sur des interactions différentes avec les humains.

Plutôt que de développer intégralement leur propre mécanique, certaines startups américaines s’appuient sur une plateforme robotique existante pour concentrer leurs efforts sur les logiciels, les capteurs et le comportement de leurs machines. Le Unitree G1, conçu par le fabricant chinois Unitree, apparaît dans cette stratégie à travers trois projets aux usages distincts : l’animation commerciale, l’assistance domestique et le divertissement.

Lightberry transforme le G1 en robot conversationnel Lumi

La startup Lightberry, basée à San Francisco, utilise une version du Unitree G1 disposant de 29 degrés de liberté pour développer Lumi, un robot interactif jaune destiné notamment au divertissement commercial, au marketing et aux développeurs.

Lightberry ne se contente pas de modifier l’apparence du robot. L’entreprise remplace son ordinateur embarqué et ajoute plusieurs composants pour améliorer ses capacités d’interaction :

  • Un module de calcul Jetson Thor T4000.
  • Un ensemble de huit microphones.
  • Des caméras stéréo.
  • Un cou mobile.
  • Des préhenseurs pour manipuler des objets.

Ces modifications visent à permettre à Lumi de converser avec les personnes présentes, de percevoir son environnement et d’adapter le rythme de ses interactions.

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Lightberry a annoncé une Founder Edition au prix de 39 990 dollars, destinée aux applications commerciales et au développement. Il s’agit du prix annoncé pour cette édition, et non d’un tarif établi pour le marché français.

Tuesday Labs développe Voxel, un prototype domestique au design inversé

Avec Voxel, Tuesday Labs explore une autre utilisation de la plateforme Unitree. Son prototype jaune possède un corps vertical faisant également office de visage, des yeux lumineux placés très bas et des jambes dont les articulations se plient dans le sens opposé à celui des genoux humains.

Robot humanoïde Unitree équipé de bras articulés manipulant une poêle dans un environnement de cuisine
Le Unitree G1 dispose de 29 degrés de liberté et sert de base à plusieurs projets de robots aux usages différents. Photo : Unitree

Cette silhouette inhabituelle semble résulter d’une réorientation de la mécanique du G1. Benjamin Bolte, investisseur providentiel de Tuesday Labs, décrit explicitement Voxel comme un habillage du Unitree G1.

Dans une vidéo consacrée à la fabrication du robot, Paul Vizzio, responsable matériel de Tuesday Labs, explique vouloir tester rapidement le concept d’un assistant domestique doté d’une personnalité. Son approche consiste à utiliser une technologie robotique déjà éprouvée, puis à développer le personnage autour de cette base.

Voxel reste présenté comme un prototype. L’objectif de Tuesday Labs est d’explorer les interactions possibles entre un robot domestique et ses utilisateurs, en accordant une place importante à son apparence et à son caractère.

Dynamic Creatures développe Hugo autour du mouvement expressif

Le troisième projet, Hugo, est développé par Dynamic Creatures. Ce personnage robotique recouvert de fourrure violette possède des cornes et des mains surdimensionnées. Contrairement à Lumi et Voxel, son utilisation du Unitree G1 demeure une hypothèse.

Dans une vidéo de présentation de Hugo, l’écran d’un développeur montre brièvement un modèle mécanique dont les proportions et l’organisation des articulations ressemblent à celles d’un G1 modifié. Cette observation ne constitue toutefois pas une confirmation de Dynamic Creatures.

L’entreprise décrit Hugo comme une plateforme équipée de 43 actionneurs. Elle développe également un modèle Vision-Language-Expression, destiné à relier la perception visuelle, le langage et les mouvements expressifs du personnage.

Cette architecture vise à faire correspondre les mouvements du robot aux interactions avec son environnement et les personnes qui l’entourent.

Dynamic Creatures entretient par ailleurs un partenariat avec Boston Dynamics dans les domaines du divertissement et de l’hôtellerie. Cette relation ne permet pas d’identifier le matériel utilisé à l’intérieur de Hugo.

Une même base robotique pour des usages commerciaux et domestiques

Ces projets illustrent différentes manières de développer un robot à partir d’une mécanique existante. Lightberry privilégie les capacités de conversation et de perception, Tuesday Labs travaille sur un personnage destiné à l’habitat, tandis que Dynamic Creatures se concentre sur l’expression corporelle.

Robot humanoïde en posture de marche sur fond neutre, montrant ses articulations et membres articulés
La plateforme permet aux startups de se concentrer sur les logiciels et capteurs plutôt que sur le développement mécanique complet. Photo : Unitree

Les trois machines se trouvent à des stades distincts : Lumi bénéficie d’une édition commerciale annoncée, Voxel est présenté comme un prototype et Hugo fait l’objet d’un développement consacré notamment à ses mouvements expressifs.

Leur principal point commun est la place accordée à l’expérience utilisateur. En réutilisant une architecture mécanique existante lorsqu’elle convient à leur projet, les équipes peuvent consacrer davantage de travail à l’interaction, au logiciel et à l’identité visuelle de leurs robots.