Audi teste un robot humanoïde mobile d’Agile Robots pour automatiser la préparation des pièces automobiles à Ingolstadt

0
4
Illustration : robot humanoïde mobile transportant un carton dans un entrepôt logistique, en lien avec l'automatisation de la préparation de pièces automobiles
Environ 1 million de tâches de prélèvement de pièces sont effectuées chaque jour sur le site logistique d'Audi à Ingolstadt pour approvisionner les ateliers de production. © Robotique Store

Audi lance une expérimentation avec un robot humanoïde mobile d’Agile Robots dans son usine d’Ingolstadt, en Allemagne. Avec Dassault Systèmes et Nvidia, le constructeur veut automatiser le prélèvement et la préparation des pièces destinées à l’assemblage automobile.

Le constructeur allemand engage une preuve de concept (PoC) au sein de son Production Lab, un espace consacré aux futures technologies industrielles. L’objectif est de vérifier si un robot humanoïde mobile peut prendre en charge des opérations logistiques répétitives et complexes directement dans un environnement de production existant.

Un robot à deux bras pour prélever et organiser les pièces automobiles

Le robot fourni par Agile Robots est chargé de retirer des pièces automobiles de leurs bacs de stockage, puis de les disposer sur des chariots de transport dans l’ordre nécessaire à l’assemblage final des véhicules.

Cette opération représente un défi industriel important. Selon Audi, environ 1 million de tâches de prélèvement de pièces sont réalisées chaque jour sur son site logistique pour approvisionner les ateliers de production. La diversité des composants, de leurs formes et de leurs conditions de stockage complique leur manipulation automatisée.

Agile Robots prévoit de livrer 10 000 robots humanoïdes Agile 1, déjà utilisés dans la logistique industrielle

Le robot humanoïde mobile d’Agile Robots associe une partie supérieure équipée de deux bras manipulateurs à une plateforme mobile. Cette architecture combine les capacités de manipulation d’un humanoïde avec la stabilité d’une base roulante.

Selon Agile Robots, sa conception lui permet de travailler à une hauteur comparable à celle d’un opérateur humain et de s’intégrer aux installations industrielles sans transformation majeure de leur environnement.

Grâce à ses deux bras et à ses fonctions de reconnaissance reposant sur l’intelligence artificielle, le robot est conçu pour manipuler différentes catégories de composants, notamment des pièces volumineuses, flexibles ou rangées dans des configurations variées.

Audi évalue les capacités du robot dans son Production Lab

La collaboration prend la forme d’une preuve de concept industrielle, et non d’un déploiement généralisé dans les ateliers automobiles.

AGIBOT fait danser 110 robots humanoïdes Expedition A3 en Chine et reçoit un certificat Guinness World Records

Les spécialistes de la chaîne d’approvisionnement d’Audi définissent les tâches à réaliser et les contraintes opérationnelles auxquelles le robot doit répondre. Ils évaluent ensuite sa capacité à intervenir dans les installations logistiques et de production existantes.

Cette expérimentation doit permettre de vérifier si la manipulation robotisée peut répondre aux exigences de préparation des pièces, notamment leur sélection et leur disposition dans une séquence précise.

Audi souhaite ainsi automatiser certaines opérations manuelles répétitives tout en permettant aux salariés de se consacrer davantage à des activités à plus forte valeur ajoutée.

Dassault Systèmes et Nvidia utilisent un jumeau numérique pour préparer les opérations

La démonstration ne repose pas uniquement sur les capacités physiques du robot. Dassault Systèmes et Nvidia participent au projet en apportant des outils de simulation destinés à préparer et à évaluer son intégration industrielle.

Avec l’application DELMIA de Dassault Systèmes, les partenaires construisent un jumeau numérique reproduisant les conditions de travail. La plateforme 3DEXPERIENCE sert à évaluer plusieurs paramètres :

  • La faisabilité des opérations confiées au robot.
  • Le temps nécessaire à leur exécution.
  • Les conditions ergonomiques des postes de travail.
  • La sécurité des opérations dans l’environnement industriel.

Cette simulation mobilise notamment le modèle de monde industriel de Dassault Systèmes et les bibliothèques Omniverse de Nvidia.

L’utilisation de ces technologies vise à préparer les interventions du robot avant leur application physique, en tenant compte des contraintes réelles des installations Audi.

Audi vise une planification industrielle ramenée de plusieurs mois à quelques jours

Au-delà de la manipulation des pièces, Audi cherche également à accélérer la préparation des projets d’automatisation.

Le constructeur estime que l’association du jumeau numérique et des outils d’intelligence artificielle pourrait ramener à quelques jours des processus de planification nécessitant auparavant plusieurs mois. Il s’agit d’un objectif annoncé par Audi, et non d’un gain de temps déjà mesuré lors de cette expérimentation.

Dassault Systèmes prévoit également d’intégrer à terme LEO, son compagnon virtuel fondé sur l’intelligence artificielle, pour assister les ingénieurs dans leurs activités.

Cette coopération réunit ainsi les compétences d’Audi en production automobile, celles d’Agile Robots en robotique mobile et celles de Dassault Systèmes et Nvidia en simulation industrielle.

Pour Audi, l’étape opérationnelle consiste à valider, au sein du Production Lab d’Ingolstadt, la capacité du robot à préparer les pièces dans l’ordre requis par la chaîne d’assemblage, avant d’envisager une extension de cette automatisation.