
La startup suédoise 120ft sort de sa phase de développement confidentiel avec une levée de fonds de 576 000 €. Son projet : exploiter des micro-usines équipées de robots humanoïdes pour permettre aux marques de fabriquer localement, en petites séries.
Basée à Stockholm et fondée en 2025 par Martin Willers, 120ft développe un modèle industriel dans lequel les entreprises clientes paient pour chaque produit fini. La startup prévoit de posséder et d’exploiter elle-même ses installations, sans imposer aux marques l’achat de robots ou la création de leurs propres lignes de production automatisées.
Une levée de 576 000 € auprès de 22 investisseurs privés
120ft a obtenu 576 000 € de financement auprès de 22 investisseurs providentiels, selon l’entreprise. Cette opération accompagne sa sortie de la phase de développement confidentiel et doit financer ses logiciels ainsi que ses infrastructures industrielles avant le passage à une production commerciale.
Parmi les investisseurs figurent Ted Persson, codirecteur du fonds Scaleup Europe d’EQT, Sophia Bendz, associée chez Cherry Ventures et ancienne directrice mondiale du marketing de Spotify, Matthias Dantone, cofondateur de Fashwell, ainsi que Sam Baker, de Planet A.
Pour Sam Baker, le robot ne constitue qu’une partie de la solution industrielle. Les marques ont également besoin d’outillage, de logiciels, de contrôle qualité et de systèmes opérationnels. L’objectif de 120ft est de réunir ces fonctions dans une prestation de fabrication facturée au produit terminé.
Des micro-usines modulaires construites autour de conteneurs
Le concept industriel de 120ft repose sur trois conteneurs de 40 pieds chacun, destinés à accueillir les opérations de préparation des composants, d’assemblage, d’inspection et d’emballage. Cette configuration est à l’origine du nom de l’entreprise.
Les installations associent robots humanoïdes, intelligence artificielle, simulation virtuelle des lignes de production et logiciel propriétaire d’orchestration.
Les conceptions des produits, les nomenclatures de pièces et les exigences de qualité sont transformées en instructions numériques. Les opérations d’assemblage peuvent ensuite être simulées et testées virtuellement avant leur exécution physique.
120ft vise ainsi les marques qui souhaitent produire des séries plus petites et plus proches de leurs marchés, plutôt que de dépendre de grandes commandes industrielles et de chaînes d’approvisionnement internationales longues.
Un apprentissage robotique passé de sept semaines à sept heures selon 120ft
120ft affirme avoir réduit le temps nécessaire pour enseigner à un robot une compétence complète d’assemblage, de bout en bout : sept semaines en 2025 contre sept heures en 2026, selon les résultats communiqués par l’entreprise.
La startup fixe également un objectif de sept minutes pour cet apprentissage en 2027. Il s’agit d’une cible de développement annoncée, et non d’une performance déjà atteinte.
Pour illustrer son système, 120ft a réalisé une démonstration d’assemblage robotisé d’une lampe. Les opérations présentées comprennent l’installation d’une serrure cylindrique, le vissage du support d’ampoule et un test fonctionnel du produit assemblé.
Cette démonstration constitue une étape technique dans le développement du procédé industriel que l’entreprise souhaite commercialiser.
Un modèle de fabrication à la demande destiné aux marques
Martin Willers, fondateur et directeur général de 120ft, explique avoir conçu cette approche à partir de son expérience chez Transparent. Il évoque les délais de plusieurs mois nécessaires pour recevoir des milliers de produits, avant même de connaître les couleurs réellement préférées des clients.
Pour les petites marques, cette organisation immobilise de la trésorerie et oblige à anticiper la demande très tôt, explique le dirigeant. 120ft entend répondre à cette difficulté en proposant une production locale en lots plus réduits, avec une facturation fondée sur les produits effectivement fabriqués.
Le financement obtenu doit désormais accompagner le développement des installations et des logiciels de pilotage nécessaires à cette activité. À plus long terme, 120ft prévoit d’étendre son modèle à la réparation, à la mise à niveau et au reconditionnement industriel des produits.