Eka Robotics lève 150 millions de dollars pour développer son IA de manipulation robotique Vision-Force-Action

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Illustration : jambes articulées de robot humanoïde en lien avec l'IA de manipulation physique Vision-Force-Action
Eka Robotics a été fondée en 2024 à Cambridge et vise notamment les tâches de manipulation dextre nécessitant des ajustements précis de mouvements et de forces. © Robotique Store

Eka Robotics annonce une levée de 150 millions de dollars en série A pour accélérer le développement de son modèle Vision-Force-Action. La startup américaine affirme que son IA permet aux robots de manipuler des objets variés à une cadence d’environ 1 500 opérations par heure.

Fondée en 2024 et basée à Cambridge, dans le Massachusetts, Eka Robotics développe une intelligence artificielle destinée à la manipulation robotique de précision. Son approche associe vision, perception des forces et apprentissage par renforcement afin d’apprendre aux robots à interagir avec des objets et des environnements changeants. L’entreprise entend utiliser ce financement pour développer sa technologie et multiplier les déploiements chez ses clients.

Une IA capable de saisir des objets, visser une ampoule et insérer des fils

Le modèle Vision-Force-Action (VFA) d’Eka Robotics vise à permettre aux robots d’adapter leurs mouvements aux propriétés physiques des objets manipulés. Plutôt que de reproduire uniquement des gestes humains enregistrés, le système apprend à partir d’interactions physiques simulées.

Eka affirme que les robots utilisant son intelligence artificielle peuvent saisir une grande variété d’objets, y compris des objets absents des données d’entraînement. L’entreprise annonce une cadence d’environ 1 500 opérations de manipulation par heure pour ces tâches de préhension.

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La startup indique également que ses robots peuvent visser une ampoule et insérer des fils électriques. Ces capacités sont présentées comme des résultats de sa technologie, sans constituer une mesure indépendante de ses performances.

L’objectif est de combiner deux propriétés essentielles pour les applications industrielles : la capacité à traiter des situations différentes et la répétition rapide des opérations. Eka cible notamment les tâches de manipulation dextre, qui nécessitent des ajustements précis des mouvements et des forces exercées.

La simulation pour apprendre les propriétés physiques des objets

La particularité du modèle VFA repose sur son entraînement par simulation et apprentissage par renforcement. Eka Robotics cherche ainsi à développer chez les robots une forme d’intuition physique, fondée sur l’analyse conjointe des informations visuelles et des forces rencontrées pendant une manipulation.

Selon l’entreprise, son environnement de simulation permet de produire des milliers d’heures d’expérience robotique en quelques minutes, en faisant varier les objets, les environnements et les conditions physiques.

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Cette méthode permet de confronter virtuellement le modèle à une grande diversité de situations avant son utilisation sur des machines réelles. Eka affirme que les résultats de son modèle VFA montrent une réduction des difficultés habituellement rencontrées lors du transfert des apprentissages de la simulation vers le monde physique.

La société résume son approche par deux principes : l’apprentissage par renforcement à grande échelle améliore les performances, tandis que la diversité des expériences favorise la généralisation à de nouvelles tâches.

Andreessen Horowitz et F-Prime dirigent le financement

La levée de fonds de série A de 150 millions de dollars est codirigée par Andreessen Horowitz (a16z) et F-Prime, un fonds de capital-risque affilié à FMR LLC, maison mère de Fidelity Investments.

Obvious Ventures et E14 Fund, déjà présents lors du financement d’amorçage, renouvellent leur soutien. MFV Partners, Bison Ventures, Glasswing Ventures, Samsung Next et plusieurs investisseurs stratégiques issus d’entreprises du Fortune 500 participent également à l’opération.

Raghu Raghuram, associé général chez a16z, estime que le modèle Vision-Force-Action d’Eka réunit la polyvalence et la cadence nécessaires aux déploiements robotiques. Il met également en avant la capacité de l’équipe à associer recherche en robotique et développement commercial.

Shyam Kamadolli, directeur général chez Fine Structure Ventures, souligne pour sa part que la valeur industrielle d’un robot dépend de son taux de réussite et de sa vitesse sur des milliers de répétitions. Il considère l’apprentissage des propriétés physiques comme une voie pour dépasser les limites des systèmes entraînés principalement à partir de démonstrations humaines.

Des déploiements clients au cœur de la prochaine étape

Avec ce financement, Eka Robotics prévoit d’accélérer le développement de son modèle d’intelligence artificielle et le déploiement de sa technologie auprès des clients. L’annonce concerne un système d’IA destiné à la manipulation robotique, et non le lancement commercial d’un modèle de robot humanoïde identifié.

La stratégie industrielle d’Eka repose sur l’utilisation de cet apprentissage pour réaliser des manipulations complexes dans des conditions variables. L’entreprise veut ainsi faire passer ses capacités de préhension et de manipulation dextre à une échelle adaptée aux opérations répétitives chez ses clients.