Les robots humanoïdes coûtent de 4 900 à 100 000 dollars, mais le prix affiché ne dit pas tout

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Robot humanoïde exposé dans un showroom lumineux aux éclairages doux
Robot humanoïde exposé dans un showroom lumineux aux éclairages doux. © Robotique Store

Un robot humanoïde, ça coûte combien ? La question paraît simple. La réponse, telle que la dresse eWeek, l’est beaucoup moins. Parmi les humanoïdes dont le prix est affiché publiquement, les tarifs relevés vont d’environ 4 900 dollars à 100 000 dollars. Et encore, cette fourchette ne couvre qu’une partie du marché : beaucoup des humanoïdes industriels les plus avancés n’ont aucun prix public.

Unitree propose par ailleurs sa plateforme bi-bras R1-D, orientée développeurs, à partir de 4 290 dollars. Mais eWeek précise que ce système n’est pas directement comparable aux humanoïdes marcheurs comme les R1, G1, H2, le NEO de 1X ou le Figure 03. Une plateforme de développement bi-bras et un humanoïde industriel censé arpenter une usine plusieurs heures d’affilée ne jouent pas la même partition.

Pourquoi le prix affiché ne veut pas dire grand-chose

Le marché se divise, selon le classement d’eWeek couvrant Tesla, Unitree, Agility Robotics, Apptronik et d’autres, entre plateformes de développement, machines industrielles et robots généralistes ambitieux. Certains fabricants affichent ouvertement leurs prix. D’autres vendent par partenariats commerciaux, projets pilotes ou accords de déploiement négociés, sans jamais communiquer le coût par robot.

Le cas de l’Unitree H1 illustre la zone grise. La boutique en ligne du constructeur l’affiche à 90 000 dollars, tout en invitant l’acheteur potentiel à contacter l’entreprise pour connaître le « vrai prix ». eWeek recommande donc de traiter ce montant comme une référence, pas comme un tarif d’achat ferme.

Seulement 27 kilos et une heure d’autonomie : le robot humanoïde Unitree R1 dès 4 900 dollars

Comparer des humanoïdes sur le seul critère du prix revient, résume eWeek, à demander combien coûte un véhicule. Une trottinette, un fourgon de livraison et une pelleteuse déplacent tous quelque chose, mais le prix ne dit rien tant qu’on ignore la tâche. La bonne question n’est pas combien coûte le robot, mais combien de travail utile il abat pour cette somme.

Ce que l’acheteur paie vraiment

Un humanoïde concentre une quantité inhabituelle de matériel. Moteurs et actionneurs pour mouvoir hanches, genoux, chevilles, épaules, coudes et mains ; les machines les plus sophistiquées comptent, selon eWeek, des dizaines de degrés de liberté contrôlés indépendamment. Les mains sont le point dur : porter un carton demande bien moins de complexité mécanique que manipuler de petites pièces ou des objets de formes variées sans les lâcher ni les écraser.

À cela s’ajoutent les capteurs qui tiennent lieu d’yeux, d’oreilles, d’équilibre et de toucher : caméras de profondeur, caméras classiques, LiDAR, capteurs de force, centrales inertielles, capteurs tactiles, microphones. Plus l’environnement est imprévisible, plus la perception pèse. Un robot d’usine enfermé dans une cellule grillagée répète le même geste des milliers de fois ; un humanoïde évoluant parmi des humains doit détecter les obstacles, juger les distances et réagir en continu.

Derrière la machine se tient aussi, rappelle eWeek, un écosystème logiciel, d’IA, d’entraînement de modèles, de fabrication et de support dont le coût grimpe. C’est pour cela que le coût de construction d’un robot et son prix de vente ne se confondent pas.

Coût de fabrication contre prix de vente : l’écart de Goldman Sachs

L’une des erreurs les plus faciles consiste justement à confondre les deux. Goldman Sachs Research estimait en 2024 que le coût de fabrication d’un humanoïde était passé d’environ 50 000 à 250 000 dollars l’unité à quelque 30 000 à 150 000 dollars, selon la sophistication de la machine. Ces chiffres sont des estimations de coût de production, pas des prix de vente, et ils datent de 2024 : eWeek souligne qu’il ne faut pas les prendre pour une estimation du coût de fabrication en 2026.

La trajectoire reste parlante : composants moins chers, fabrication améliorée et montée en volume pourraient à terme faire baisser les prix. Figure a indiqué en avril 2026 que son site de production BotQ avait livré plus de 350 robots Figure 03. Le constructeur dit avoir fait passer sa cadence d’un Figure 03 par jour à un temps de cycle démontré d’un robot par heure, soit un débit multiplié par 24 en moins de 120 jours.

Figure rapporte aussi un taux de conformité au premier passage de 99,3 % sur sa ligne de batteries, avec plus de 500 packs expédiés, et un taux de conformité en fin de ligne des robots complets passé au-dessus de 80 %, toujours selon l’entreprise. Le Figure 03 a été reconçu pour la production de masse, en remplaçant de nombreuses pièces usinées par CNC par des procédés comme la fonte sous pression, l’injection plastique et l’emboutissage. Figure affirme que chaque Figure 03 coûte nettement moins cher à fabriquer que son prédécesseur, sans toutefois divulguer ni le coût réel ni le prix de vente.

Le constructeur a également avancé que la première génération de la ligne BotQ peut produire jusqu’à 12 000 humanoïdes par an. Il s’agit d’une capacité de production déclarée, pas du nombre de robots effectivement produits ou vendus.

Du NEO à l’abonnement : le prix d’achat n’est que le début

Pour une entreprise, l’achat du robot pourrait être le chiffre le plus simple à calculer. Le déployer en fait surgir bien d’autres, absents des annonces produit : sécurité, intégration, autonomie, données, maintenance, gestion de flotte. eWeek pose le calcul : un robot à 20 000 dollars qui réclame sans cesse une intervention humaine peut revenir plus cher qu’une machine bien plus onéreuse capable de tenir un poste entier de façon fiable.

Autre tendance relevée : les humanoïdes pourraient se vendre de plus en plus comme du logiciel ou de l’infrastructure cloud. Plutôt que d’acheter le robot, entreprises et particuliers paieraient un abonnement, sur un modèle de Robots-as-a-Service où le fournisseur garde la propriété du matériel contre un loyer récurrent.

Le NEO de 1X en offre un exemple concret, avec une option de propriété et une formule d’abonnement. Selon 1X, l’option de propriété inclut une garantie de trois ans, un support premium et une livraison prioritaire. L’entreprise précise aussi que les premiers NEO arrivent avec une autonomie de base et peuvent recevoir une supervision à distance programmée par un expert 1X pour les tâches complexes qu’ils ne savent pas encore accomplir. Ce détail compte au moment de comparer les coûts : le montant d’un abonnement mensuel ne dit pas à quel point le robot travaille de façon indépendante.